Le meilleur des cordes

© Escalade Alsace
Yann Corby
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Chronique québécoise par Jean-Pierre Banville



Maudite informatique !
J’ai expédié mon invitation pour le concours Eroscalade et le texte est resté coincé entre ma boîte de courriel régulière et ma boîte dans Exchange avec pour résultat que le message n’est parti qu’à mon retour.

Donc la date de tombée est totalement fausse!

Voilà ce que nous allons faire: nous allons remettre cette date de tombée. La remettre au 24 décembre 2007 … ce qui vous laisse amplement le temps de rédiger le texte qui vous vaudra peut être une magnifique corde Edelrid . Gracieuseté de Pascal Parutto de chez Edelrid France.

Laissez tomber vos inhibitions et expédiez vos textes coquins à votre webmestre le plus proche qui se fera une joie de me les faire parvenir. Les membres du jury, entre deux cadeaux, trouveront le temps de choisir le meilleur texte érotique se déroulant dans le milieu de l’escalade. Et on nommera le gagnant dans la chronique du premier janvier.

Mon retour ???
Et j’étais où pour manquer ainsi tant de chroniques?
Vous devinerez jamais!
Ferney Voltaire… à une centaine de mètres de la frontière suisse. En fait, mes affaires m’appelaient à Genève et je traversais cette frontière plusieurs fois par jour.

Le soir, après quelques traverses dans la carrière de Vesancy, je trouvais le temps de m’asseoir face à la statue de Voltaire pour y lire quelques pages de philosophie. Moi, je suis plus Montaigne que Voltaire et loin d’être Rousseau. Et certainement pas un fan de ces tristes philosophes allemands qui peuplèrent le siècle dernier.

Je l’ai longtemps regardée, la statue de Voltaire. Et vous savez quoi? Il a le sourire.
Édenté, bien entendu, car Voltaire avait perdu toutes ses dents – et je vous en reparlerai – mais un sourire quand même.
La philosophie porte-elle au rire? Et pourquoi pas!

Quelques jours avant mon retour, j’ai fait un détour par Annecy pour y rencontrer un gars pas mal extraordinaire : Snapman. L’innovateur qui a créé la marque culte ‘’Snap’’. Celui qui se fait copier par les Américains. Le gars qui travaille dans une maison tellement près de la route qu’il a un clignotant qui signale aux automobilistes l’ouverture de la porte principale.
Donc on discute et il me mentionne que la notion de plaisir est disparue de l’escalade. Je crois que nous sommes tous deux des accros d’un ‘’fun’’ débridé procuré par les excès de sports de glisse.
Et soudain, j’ai le secret du sourire de Voltaire.

Cette vieille fripouille n’a jamais lu un magazine d’escalade. Il n’a jamais feuilleté les catalogues de matériel. Il n’a jamais surfé sur les sites des fédérations et des clubs. Il ne s’est jamais promené dans les boutiques de grimpe et il a doté Ferney d’un théâtre et certainement pas d’une salle de blocs.

Le milieu de l’escalade est triste…
Certains individus relèvent la sauce – le Pierre Rouzo faisait lever les omelettes – mais le cadre est morne et triste. On ne parle que de sécurité, de manœuvres, de techniques, d’apprentissages, de conventions, de taille et de gabelle. On mentionne prix et confort; on associe zen-itude, bouddhéité, l’unicité avec la terre, la loi de l’empreinte minimale à la pratique du vertical.

On a tout simplement oublié la notion de PLAISIR.

Elle a été évacuée par ces petits maîtres qui décident de notre salut. Et le salut passe par la morne pratique aseptisée : disparue, la recherche du gros rire! Il nous manque nos Têtes à Claque, notre Coluche, et ce n’est pas dans les institutions qu’il faut aller les chercher. Pas plus dans les médias qui sont tous plus sérieux les uns que les autres.
On a sans doute plus de fun dans une réunion des joueurs de boules nonagénaires du lointain sud.

Pourquoi? Pourquoi on est devenu terne en tant que pratique?

Sans doute parce que ça rapporte plus de militer pour la sécurité que d’annoncer que les pratiquants ont du plaisir. Sans doute parce que c’est ‘’in’’ d’être zen et de ne faire ses mouvements que dans un gracieux ralenti de la caméra. De faire des sourires forcés en poffant avant de se lancer bien sérieusement dans une voie agréable.

Le marketing de notre sport est détestable. Nous sommes devenus, en tant que groupe, d’une platitude déconcertante. Le grain de folie est passé avec Rouzo…
Même le grand Patrick semblait s’amuser plus, dans le temps, que les stars de la grimpe actuelle.
Feuilletez un magazine, lisez les sites web, regardez les publicités.

Quelqu’un, quelque part, a évacué le plaisir……………

Nous en avons entre nous, en petit groupe, mais notre image globale n’est guère meilleure que celle du club des Thanatologues Zen de Californie.

Si Voltaire souriait, pourquoi, collectivement, ne le pouvons-nous pas? Où est passée notre joie de vivre et d’être libre? Les culs de poules et les cotations serrées ont-ils définitivement remplacé la joie d’une vie passée en falaise?

Je ne sais pas. En fait, je ne veux pas. Je ne peux pas.
Ma vie est ce qu’elle est et, pour l’affronter, rien de tel que le défi d’un sourire face à l’adversité.

Vous savez ce qui me plait dans le matériel Snap? Qui est d’ailleurs impossible à trouver dans ma partie du monde.
La couleur… la couleur, c’est la vie. Et la vie n’est pas terne…

Et pour moi, la vie, c’est grimper. Je ne suis pas un Dieu du Stade mais je suis vivant.

Mort au Terne et au Zen!
Choisissez la Vie…

Et faites parvenir vos textes érotico-grimpistiques avant le 24 décembre 2007.
Vous avez déjà vu un magazine de sexe morne et terne, vous?


JPB






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