Le meilleur des cordes

© Escalade Alsace
Yann Corby


"Un jour j'arrêterai...", le mot du réalisateur :


 Il y a deux ans, c’est en vidéaste totalement amateur mais en véritable amoureux du cinéma que j’ai entamé mon projet de film documentaire. Il me fallait une scène et elle était toute trouvée : l’escalade et l’Alsace. Je souhaitais d’abord faire quelque chose qui traite de l’histoire. Et puis, rencontrant les intervenants et visionnant mes premières séquences, je suis partis sur quelque chose de complètement différent.


 Mon souhait premier était de rompre avec les mécanismes des films actuels. Peu importait la réussite, peu importaient les gros muscles et les hautes cotations. Ensuite, et dans un souci de promotion et de préservation de l’histoire de l’escalade en Alsace, je souhaitais construire une sorte de fresque, dépeignant les origines et les grandes étapes de la varappe dans notre région.


 Mais au fur et à mesure des rencontres avec les protagonistes, et en visionnant mes premières séquences, j’ai senti que quelque chose d’autre émergeait.


 Je filmais des gens, des vrais, dans toute leur authenticité : importants pour le monde de l’escalade alsacienne de par leurs implications diverses. Tous avaient connu une heure où ils avaient été plus forts. Mais l’âge d’or de l’équipement et de l’établissement des standards de difficultés étant passé en Alsace, il émanait de toutes ces personnes quelque chose de singulier. Il y avait comme une volonté de ne pas lâcher la rampe, de ne jamais renoncer à l’escalade, cette activité qui absorbe tellement. Quelque chose transpirait de ces images parfois prises sur le vif, parfois de manière organisée… Ah voilà ! De la nostalgie ! Voire de la mélancolie !

C’est beau la nostalgie et la mélancolie. Et c’est cela qui fait l’objet de mon film « Un jour j’arrêterai… ».


 Je voulais aussi faire écho à cette question que tout grimpeur passionné se pose : « Est-ce qu’un jour je grimperai moins ? Pour quelle raison ? Cela est-il possible ?!... ».


 Cette thématique, j’ai voulu l’aborder en montrant la simplicité de ces sorties d’escalades solitaires ou entre amis. Je ne voulais pas laisser de place aux artifices ; ceux que l’on retrouve trop souvent dans les récentes vidéos d’escalade. Pas de plans ultra dynamiques tournés à l’aide de grues et autres drones, pas de musiques percutantes ou tendances. Je me suis contenté de plans fixes souvent pris du sol et de placer quelques morceaux de guitare sur les images. Pour moi, cela retranscrit mieux la réalité.


 Loin de moi l’idée de prétendre à l’exceptionnel ni de dire ce que le cinéma d’escalade devrait être. J’ai juste tourné un film à l’image de ma pratique : sans exagération, sans mensonge et avec passion. Pas seulement parce qu’il s’agit de mon premier, mais surtout parce que les personnes dont j’ai pu capturer ces bribes d’existence m’ont passionné. Je me souviendrai toujours de chaque journée passée avec ces personnages. Et j’espère, au-delà de la simplicité de mon film face aux productions actuelles, que cette passion se ressentira.


          


 Je remercie encore une fois tous ceux qui ont participé de près comme de loin à ce projet, avec une mention spéciale pour l’équipe d’escalade-alsace.com qui m’a énormément soutenu et qui a été mon seul et unique sponsor.


David Hollinger        
















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