Premier 7a pour Isabelle Hautefeuille !
Jeudi 23 juillet, aux alentours de 21 h, s’est produit un événement en apparence tout à fait anodin pour une soirée d’été kronthalienne : un relais vient d’être clippé. Et pourtant, pour la grimpeuse qui vient de le faire, c’est l’aboutissement d’une belle quête. Isabelle vient d’enchaîner Terre de Sienne, son premier 7a. Même si les cotations ne sont pas le but premier de la grimpe, le passage d’un degré a toujours une saveur particulière. Il témoigne de l’engagement que l’on porte à son sport, le septième degré en étant sans doute le symbole le plus marquant.
En mars dernier, Isabelle découvre pour la première fois la falaise du Kronthal et sa multitude de voies dont elle devient rapidement une habituée. Malgré sa proximité avec la route, elle y trouve l’avantage d’un accès rapide, idéal pour les sessions vespérales. Son premier projet est Merlin l’Enchanteur, un classique de la falaise coté 6c. Il ne résistera pas longtemps puisque, selon ses propres dires, « Merlin a été enchanté » moins d’un mois après ses débuts.
La quête du premier 7a semble alors inévitable. Reste à trouver quelle voie fera l’objet de son choix. Quelques essais sont effectués dans Fausses Fractures et L’École buissonnière, mais, attirée de plus en plus vers la droite de la falaise par son assureur, qui y travaille un projet, c’est finalement devant Sévices sans fin qu’elle s’arrête.
C’est une voie exigeante, qui débute par une section physique sur les trois premières dégaines et se conclut par une bonne prise dont l’éloignement n’a d’égal que la diversité des méthodes employées pour l’atteindre. Le reste de la voie est plus grimpant avant de se terminer par une sortie sur galets, où quelques centimètres supplémentaires lui auraient permis d’utiliser la méthode de son assureur, lequel lui avait pourtant assuré que « de toute façon, si tu fais le début, la suite, c’est du 2 »… Ne jamais faire confiance à cette espèce : on finit souvent par être déçu.
Les séances s’enchaînent, les mouvements deviennent de plus en plus fluides, mais la chaleur grandissante de l’été, de plus en plus étouffante, pousse notre protagoniste à redescendre à l’ombre de la grotte et à laisser ce projet en friche, dont les sévices ne prendront pas tout de suite fin.
Terre de Sienne est totalement différente dans le style : la voie est bien plus axée sur les sensations et l’équilibre. Cette nouvelle grimpe semble davantage convenir à Isabelle, qui progresse rapidement. Même si la voie reste très homogène, le premier passage dur se situe à la deuxième dégaine : un mouvement d’équilibre nécessitant de remonter les pieds sur un pan incliné, tandis que la corde a la fâcheuse tendance à se bloquer derrière le rocher. Autant dire que la zippette n’a rien d’enviable. Le deuxième moment clé se trouve à la fin : après avoir enchaîné une section sans réel repos, il faut remonter une rampe plutôt fuyante avant d’aller chercher, dans un dernier effort explosif, le bac final.
Les mouvements commencent à bien rentrer, mais l’été avançant, son assureur doit bientôt partir. Un enchaînement rapide serait donc le bienvenu. Il n’en fallait pas plus pour motiver notre grimpeuse qui, la veille du départ, dans un style impeccable et sans sourciller, parvient à faire de cette terre la sienne, devenant ainsi, le temps d’un instant, la femme la plus haute du Kronthal (référence assumée à son documentaire, que l’on vous recommande).
Encore bravo à elle ! En espérant que cette ascension ne soit que le début d’une longue liste !
LT
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