Sur le fil des 4000 Suisse !

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Panorama depuis le sommet du Dom - 4546m

A 27 ans après dix années à parcourir les sommets de plus de 4000 mètres des Alpes pour compléter la liste des 82, Lucas Schwinte vient de finir de gravir les 48 de Suisse, il nous raconte une partie de l'aventure.

 

Je regarde mon altimètre : 4100, la croix sommitale est en vue, il reste moins de 100 m. Je commence à être bien essoufflé, l’altitude se fait sentir. Il faut dire qu’entre le manque d’acclimatation et la fatigue due au réveil à minuit, je ne suis pas aidé. Entre les dalles et les ressauts en 3, je fais régulièrement des pauses de quelques secondes. J’arrive au sommet de l’Aletschhorn à 4194 m après de longues heures d’ascension. Entouré des géants de l’Oberland, j’y ressens une émotion très forte. Ce sommet a une saveur particulière : c’est le dernier des 48 sommets de plus de 4000 m de Suisse qu’il me restait à gravir, j’y suis arrivé seul après que Christophe ait dû faire demi-tour 1200 m plus bas à cause de sa bronchite. Je suis un peu déçu de ne pas pouvoir partager ce moment avec lui, qui m’a accompagné tant de fois. Je profite de la vue magnifique sur tous les 4000 de l’Oberland et du Valais. Je ressens une immense fierté d’avoir foulé le sommet de chacun d’eux et une profonde reconnaissance pour tous les moments qu’ils m’ont permis de vivre.

Je repense à moi au sommet du Weissmies, mon premier 4000 m suisse, découvrant de mes propres yeux tous les sommets alentours. Dix ans plus tard, j’arrive encore à ressentir cette attraction qui allait me guider jusqu’à aujourd’hui et, je l’espère, jusqu’aux 82 des Alpes par la suite.

Le glacier de l'Aletsch et Konkordiaplatz depuis l'Aletschhorn

 

En voyant le glacier de l’Aletsch à mes pieds, je repense à l'un de mes raids à ski. Il nous fallait 4 jours pour réaliser l’ascension de 5 sommets de plus de 4000 m. Pendant au moins 4 ans, le créneau espéré me filait sous le nez à chaque fois, entre mauvaise météo, risque d’avalanche trop élevé, refuges complets, contrainte professionnelle ou encore compagnon indisponible. Je commençais à perdre espoir. En février 2025, les planètes s’alignent : les refuges ne sont pas gardés, il y a de la place, nous avons pu prendre le départ.

21/02/2025 - Jungfrau 4158 m

Jungfrau 4158m à droite

 

En début de semaine, je vois qu'il y a les conditions pour le week-end avec un risque d'avalanche de 2. Je propose à Christophe, il est dispo. Comme souvent, à l'approche du jour J, les prévisions se dégradent, surtout pour le 24. On décide d'y aller quand même, l'envie est trop forte, au pire on écourtera. Avec pour seule préparation un peu de ski de piste et des week-ends de bloc en Suisse, je me retrouve propulsé d’un coup à 3450 m par le train du Jungfraujoch. L’altitude se fait bien sentir pendant la montée. Un petit passage rocheux permet d'accéder à l'épaule qui débouche sur une rimaye compliquée à passer. Au passage de chaque personne, elle s’effondre. Il faut se décaler d’un mètre, pour la franchir à moitié couché dans la pente, afin de mieux répartir le poids.

Christophe dans les pentes sommitales de la Jungfrau 4158m

 

 Une fois au Rottalsattel, une pente d'un peu moins de 300 m à environ 50° permet de rejoindre le sommet, que l’on voit depuis les Vosges, l’autoroute suisse et qui est aussi affiché dans la cuisine chez mes parents. Quelle joie d'être à nouveau en haute montagne après plusieurs mois. Nous descendons vers la Konkordiaplatz, une zone du glacier complètement plate devant avoisiner les 8 ou 9 km². Les triceps sont mis à rude épreuve à force de pousser sur les bâtons. Nous montons à la Konkordiahütte avec ses 150 m d’échelles dus au retrait du glacier.

22/02/2025 - Gross Grünhorn 4043 m

Réveil à 5 h, 1900 m de dénivelé à faire. À 6 h 30, on est sur les skis après avoir descendu les échelles. On remonte un vallon en faux plat montant interminable, on perd pas mal de temps pour arriver à la bifurcation du glacier.

Comme la veille, à 3000 m, on enterre les affaires inutiles pour être plus légers. La neige est croûtée dans d'anciennes traces recouvertes par le vent, souvent la trace s'effondre, ce qui nous fatigue beaucoup, le tout dans un semi-jour blanc venteux à cause du voile nuageux situé à plus de 5500 m. Sous le col, on met les couteaux puis la pente devient trop raide. On poursuit skis à la main sans crampons. Dans la manip, Christophe fait tomber un de ses couteaux qu'on récupérera au retour. Ça s'éclaircit, mais toujours nuageux. Vers 3500 m, on débouche sur une grande pente vitrifiée avec des congères. On la contourne comme Christophe n'a plus qu'un couteau. Une belle vue sur l'Eiger s'offre à nous, avec le glacier interminable qu'on devra remonter le dernier jour, mais aussi sur l'itinéraire d'hier. 

La Jungfrau au fond à droite, au premier plan le glacier à remonter le dernier jour

 

On est seuls, c'est magnifique. La pente qui mène à l'arête se raidit, sous les skis c'est toujours du béton. Je remets les couteaux. Christophe chute et glisse sur 30 m avant de s'arrêter tête en bas sur un replat, il fera les derniers mètres à pied. De l'autre côté de la crête, l'objectif de demain apparait, le Finsteraarhorn. Il en impose, surtout avec son arête finale qui paraît délicate.

Finsteraarhorn 4274m

 

Nous déposons nos skis. La traversée de l'arête rocheuse se passe bien, on débouche sur un plateau sous le sommet, on s'enfonce beaucoup, la traversée est lente.

Le plateau sommital

 

 Nous passons la rimaye et rejoignons l'arête sommitale. Elle est encore assez longue jusqu'au sommet. Une fois arrivés, on y voit toutes les Alpes et on sait qu'on va rentrer bien tard. Sur l'arête qui mène aux skis, je tente un raccourci foireux et perds 5 min dans des feuillets raides pourris avec de la neige inconsistante, je ne fais pas le malin. La descente se passe sans encombre dans de la croûte. Christophe porte les skis pour le passage du col, je passe en dérapage. En l'attendant dans la nuit au Grünhornlücke à 3270 m après 250 m de D+, je fais un point météo par téléphone. De l'autre côté, je vois la lueur du refuge 2,5 km plus loin. Une fois la descente en bonne neige terminée, il nous reste 500 m de plat puis 100 m de dénivelé, dont la moitié à pied. À 20 h 30, nous poussons la porte de la Finsteraarhornhütte, bondée : on est 11 pour 11 places dans 20/25 m². En plus de la fatigue, c'est le bordel pour faire sécher les affaires, faire fondre de la neige pour boire... On se couche vers 22 h. Demain, le réveil va être rude. Belle journée seuls en montagne, on a eu plus de chance que Loretan.

 

23/02/2025 - Finsteraarhorn 4274 m

J'ai dû dormir à peine 2 h 30. À 00 h 30, j'avais encore les yeux grands ouverts. Il faisait tellement chaud dans le refuge que, même sans couverture, je ruisselais de sueur. Après une journée pareille, impossible pourtant de trouver le sommeil.

À 4 h 30, je me fais réveiller par le réveil d'une des cordées. Je me sens plutôt bien malgré la nuit catastrophique. À 4 h 45, je réveille Christophe pour qu'on se lève dans les premiers avant que ce soit le bordel dans cette cage à lapins. À 5 h 50, on est sur les skis. Très vite, on met les couteaux, la lumière des frontales se reflète sur la glace apparente. Pour une fois, pas de plat, ça avance vite. On arrive au point 3565 m. Une arête débonnaire permet de rejoindre le glacier de l'autre côté, juste au-dessus d'un passage tourmenté. On croit être presque arrivés au col, mais il reste 250/300 m, les perspectives sont trompeuses. La croix du sommet est visible. Au col, à 4087 m, nous déposons nos skis et nous attaquons l'arête en crampons. Le brouillard et la neige commencent à arriver, puis, avec le vent, il neige même de bas en haut. On commence avec un ressaut presque vertical de 6/7 m en rocher, puis une longue trace en neige pourrie avant d'alterner entre rocher et neige inconsistante jusqu'au sommet. On s'enfonce jusqu'au genou et nos crampons viennent gratter les pierres instables sous le manteau neigeux. On met 1 h 30 depuis le col.

Lucas dans le ressaut après le col
Le sommet est en vue

 

Je commence à être un peu usé mentalement par ce type de terrain. Je ne reste pas longtemps au sommet, l'ambiance est belle avec le brouillard et le vent. 

Christophe entre ciel et terre dans la descente vers le col

 

Au col, je profite du réseau pour un point météo. En 2 min, les -20/-25 °C ambiants me gèlent les mains. La descente jusqu'au point 3616 m de l'arête ressemble à un démineur où il faut chercher les zones de neige dure pour pouvoir skier dans le jour semi-blanc. J'arrive au refuge à 14 h 30 sous la neige, Christophe en crampons 30 min plus tard pour ne pas prendre le risque de finir au bas du couloir gelé en cas de chute. Cinq autres personnes ont fait le sommet. J'allume le feu et je m'étale pour faire sécher les affaires comme, cette fois, on est seuls. Je fais une sieste jusqu'à 17 h 30 puis je prends mon repas, deux personnes arrivent. Avec Christophe, on étudie la carte, les horaires du train, les imprévus, on décide de se lever à 2 h 20. On va ensuite se coucher. Je suis très content d'avoir fait ce sommet mythique depuis le temps que j'en rêvais. Dommage pour la météo.

24/02/2025 - Hinteres-Fiescherhorn et Gross-Fiescherhorn 4025 et 4049 m

Le réveil est difficile. La fatigue des jours précédents commence à s'accumuler, mais à 3 h 30 nous sommes déjà skis aux pieds sur le glacier. Au-dessus de nous, le ciel est parfaitement étoilé. L'air est glacial. Heureusement, le froid et les rafales de vent qui nous fouettent régulièrement le visage nous empêchent de sombrer dans la somnolence.

Devant nous s'étendent 3,5 km de glacier totalement vierge. Pas une trace. Rien pour guider notre progression dans cette immense étendue blanche. Toutes les dix à vingt minutes, je sors le GPS pour vérifier que nous ne dérivons pas dans cet océan de neige et de glace. À mi-parcours, nous finissons par trouver d'anciennes traces, mais elles disparaissent presque aussitôt sous les accumulations laissées par le vent.

Peu à peu, les premières pentes du glacier apparaissent. Les séracs et les crevasses surgissent de l'obscurité éclairés par nos frontales. De nuit, l'ambiance est magique. Malgré la fatigue, je savoure chaque instant.

Vers 3700 m, le spectacle devient grandiose. À l'est, le ciel commence à s'embraser. 

Lever de soleil sous les Fiescherhorn, le vent balaie la neige

 

 Le lever de soleil est magnifique, je porte absolument tout ce que j'ai dans mon sac, toutes les couches, toutes les capuches. Malgré cela, j'ai froid aux mains et aux pieds. Régulièrement, j'ouvre et ferme les doigts dans mes gants ou je contracte les orteils dans mes chaussures pour tenter de récupérer un peu de chaleur. Avec le vent, la température ressentie doit approcher les -25 à -30 °C.

Lucas qui claque des dents

 

Nous commençons par l'Hinteres-Fiescherhorn. L'itinéraire se déroule sans difficulté majeure. Une pente raide mène à un petit replat où nous mettons les crampons, puis cinquante mètres à environ 50° permettent de gagner l'arête finale. Quelques minutes plus tard, nous sommes au sommet.

Hinteres-Fiescherhorn 4025m

 

Le panorama est somptueux. Pourtant, en observant l'horizon, je remarque déjà que le ciel commence à se charger de nuages. Nous redescendons à ski jusqu'au col où nous abandonnons les sacs avant de partir vers le Gross-Fiescherhorn. 

Christophe descend vers le col

 

Cent mètres de brassage nous attendent pour rejoindre l'arête rocheuse. Elle est raide, aérienne, esthétique. Que du beau rocher et de superbes bacs. Un vrai plaisir à parcourir. Avec le soleil, la température est remontée et les conditions deviennent presque agréables. Puis arrive le seul rappel du parcours et évidemment... la corde est restée au sac.Pendant quelques secondes, nous nous regardons en réalisant notre erreur. La seule fois des quatre jours où elle aurait été utile, nous l'avons laissée derrière nous. Tant pis. Nous bricolons un système de sangles pour nous vacher et nous désescaladons prudemment une dizaine de mètres de terrain mixte, le passage demande de la concentration mais il se déroule sans problème, nous atteignons finalement le sommet. Face à nous se dressent le Schreckhorn et le Lauteraarhorn. Deux montagnes magnifiques qui dominent l'horizon.

Schreckhorn 4078m à gauche - Lauteraarhorn 4042m à gauche

 

À cet instant, une pensée me traverse l'esprit : Les cinq sommets de plus de 4000 m prévus lors du raid sont désormais derrière nous, objectif atteint, le sentiment de satisfaction est immense ! La descente réserve toutefois encore quelques surprises. Le couloir normalement utilisé n'inspire aucune confiance. Les rochers sont branlants, presque dépourvus de neige, et chaque mouvement semble susceptible de faire partir quelque chose. Nous choisissons une variante au niveau du col qui est beaucoup plus engageante. Nous désescaladons d'abord du granit, puis la neige devient de plus en plus raide. Les passages approchent parfois les 55 à 60°. Dans les sections les plus inclinées, seules les pointes avant des crampons mordent encore dans la pente. Heureusement, quelques anneaux de rappel rencontrés en chemin nous confirment que nous sommes au bon endroit.

 

Une fois en bas, nous rechaussons nos skis et là la récompense, la neige est exceptionnelle, dure avec 10 cm de poudre dessus, un régal après 3 jours de neige merdique.

On profite de la bonne neige, au fond l'Aletschhorn

 

À 13 h, après un schuss d'anthologie qui nous permet de gagner du terrain sur le glacier sans effort, il faut pourtant remettre les peaux. Il reste encore 3,5 km et 365 m de dénivelé positif pour rejoindre l'Obers Mönchsjoch.

Coup d'œil en arrière le glacier interminable

 

Le ciel commence à se découvrir, il fait chaud au soleil, j'avance les manches retroussées, puis l'ombre des nuages et le vent reviennent rapidement, je m'habille de plus en plus. Le plat reste interminable, j'ai l'impression de ne pas avancer. À cet endroit, le glacier fait 1 km de large, on se sent minuscule parmi les séracs, les sommets et l'immensité du glacier. A l’approche du col on s’enfonce de plus en plus, surtout quand la pente se redresse.  La fin se fait dans le blizzard : brouillard, neige et gros vent, pire que la veille au col. Je monte tout droit pour profiter au maximum des plaques de neige dures et m'enfoncer moins. C'est le jour blanc, je ne distingue rien au sol. Une fois arrivé, je suis bien content de ne plus devoir monter. 

Dépeautage au col dans la tempête

 

On se laisse glisser jusqu'au Jungfraujoch où l'on retrouve la civilisation et les touristes. La dernière descente sur les pistes de Grindelwald au pied de la face nord de l’Eiger permet de finir en beauté, les skieurs nous dévisage avec nos broches à glace accrochées à nos baudriers. C'étaient 4 jours incroyables hors du temps dans un cadre magnifique, avec des conditions parfois rudes entre le manque de sommeil, l'exposition sur les arêtes, le froid et la fatigue, mais un pur bonheur et un réel privilège d'être là, dont il faut savourer chaque seconde. Le confort sera bien trop vite retrouvé. Quatre jours, mais l'impression d'en être parti dix.

Fin sous l'Eiger

 


 

Retour au sommet de l'Aletschhorn, plus à droite, le Cervin se détache, sacrée aventure lui aussi. Nous étions partis pour une semaine d’alpinisme avec Félicien. Après avoir fait la Dent du Géant en guise d’acclimatation, nous voulions poursuivre avec les Aiguilles du Diable et la traversée des Grandes Jorasses, mais la météo nous en avait empêchés. Nous étions redescendus. Le lendemain, Félicien avait fait le Grand Paradis, 4061 m, en solo depuis la vallée pendant que je faisais une grasse matinée dans la tente. Je me suis réveillé à peu près au moment où il était de retour.

Nous étions ensuite allés dans le massif du Mont-Rose pour faire la traversée du Lyskamm, nous avions à nouveau dû redescendre dans la vallée à cause de la météo. Après une journée de repos, il ne nous restait plus qu’une journée avant de devoir rentrer à Strasbourg. C’est là que Félicien eut l’idée : « Bon, Younger, plutôt que de ne rien faire, on n’a qu’à tenter le Cervin à la journée. » D’abord sceptique, je me rallie à son idée en me disant qu’au pire, on aura qu’à faire demi-tour.

Félicien vers 4450m au Lyskamm, ça souffle fort

 

18/07/2020 : Cervin 4478 m

5 h 30, le départ est lancé depuis un parking de Breuil-Cervinia, en Italie. Équipement minimum : baudrier, crampons, piolet, baskets, chaussures d’alpi et une corde de 30 m légère de faible diamètre. Nous montons dans les pâturages, les 800 premiers mètres de dénivelé sont vite avalés jusqu’au refuge du Duc des Abruzzes. Le terrain reste facile jusqu’à la croix Carrel. On remonte ensuite une longue série de pierriers et de dalles inclinées, deux stèles croisées en chemin rappellent brutalement que le Cervin n'est pas une montagne comme les autres.

L'objectif du jour

 

Peu avant le col du Lion, une traversée de neige raide et aérienne barre le passage. La neige est béton à cette heure, mais d'anciennes traces nous enfoncent ce qui nous offre une stabilité suffisante pour garder nos baskets aux pieds. Un guide qui descend lance une remarque dubitative sur nos chaussures. Nous continuons sans trop nous attarder.

Félicien dans la traversée

 

Après le col, le terrain devient beaucoup plus technique et aérien. On suit l’arête en direction du refuge Carrel par des traversées de vires et des couloirs en ascendance. Avec le passage, le rocher est bon, mais si l’on dévie un peu de l’itinéraire, il devient solide comme un château de cartes. Nous arrivons au refuge à 3825 m, nous laissons nos baskets sur la terrasse et poursuivons en grosses. Il n’y a presque personne. On poursuit toujours en solo car il y a une grosse corde fixe juste après le refuge. On traverse en oblique vers la droite par une vire qui débouche sur une cheminée avec, là aussi, une corde fixe. On continue un moment dans les cheminées, vires, couloirs et gradins. La neige fait son apparition au sol, nous mettons nos crampons. Une traversée mixte assez courte mais particulièrement exposée et délicate nous oblige à traverser une face avec près de 1000 m de vide sous les pieds, le cerveau tourne à plein régime. On avance concentrés, sans un mot.

Félicien peu avant le Pic Tyndall

 

 Nous remontons des pentes de neige et quelques gradins qui nous permettent de rejoindre le pic Tyndall, une zone plate assez longue mais étroite sur l’arête à 4243 m. Au même moment, on croise plusieurs cordées qui descendent du refuge. Félicien commence à sentir la fatigue et l’altitude. Il faut dire que, par rapport à moi, il a un Grand Paradis en plus dans les jambes, soit 2100 m de D+ en quelques heures et une journée de repos en moins. Après quelques minutes de réflexion, il choisit de faire demi-tour, j’emporte la corde dans mon sac. Étrangement, loin de me décourager, cela décuple ma motivation. J'ai envie d'aller au bout. J'ai envie de tout donner. Je me sens comme un gamin le matin de Noël devant ses cadeaux encore emballés. À l'extrémité du Pic Tyndall, le sommet apparaît enfin dans toute sa démesure. Il ne reste "que" 230 mètres de dénivelé, mais ils sont impressionnants. La pyramide sommitale du Cervin se dresse devant moi, raide et vertigineuse. Pour l'atteindre, il faut d'abord rejoindre une brèche par plusieurs désescalades aériennes. Le vide n'est jamais loin. Chaque mouvement est simple, mais chaque erreur pourrait être fatale. Plus haut, les difficultés deviennent plus franches mais une échelle de corde équipée de barreaux en bois permet de franchir un mur vertical. Les pointes avant de mes crampons mordent à peine sur le bois accolé au rocher. Sous mes pieds, les plus de 1200 m de vide commencent à éroder mon mental petit à petit. À 12 h 15, après 2500 m de D+, une dernière corde me permet d’atteindre le sommet italien à 4477 m.

Depuis la croix côté Italien

 

 Je suis tout seul à la croix, un miracle pour ce sommet réputé surfréquenté. Je croise une cordée qui traverse depuis la Suisse, on se félicite. Je fais l’aller-retour au sommet Suisse, 40 m plus loin et un mètre plus haut. L’arête est impressionnante, elle fait quelques dizaines de centimètres de large puis plonge dans le vide sur plus de 1000 m des deux côtés. Je suis en train de vivre un rêve : faire le Cervin, en plus en solo et à la journée, incroyable !

La vue versant nord

 

Passée l’euphorie du sommet, il faut penser à la descente. Je n’ai qu’une envie : être dans les pâturages en bas dans la vallée. La fatigue physique et mentale me tombe dessus sans prévenir. Je ne veux pas prendre le moindre risque, je sors la corde et enchaîne les rappels dans toutes les sections un peu grimpantes.

Le massif du Mont-Rose pendant la descente

 

C’est l’avantage du Cervin, l’équipement y est abondant. Après la traversée expo sous le pic Tyndall, je range la corde. Les difficultés défilent derrière moi et j’arrive enfin au refuge Carrel. Je récupère les baskets mais reste en grosses jusqu’à la fin de la traversée sous le col du Lion. Je ne voulais pas mouiller mes pieds dans la neige fondue.

Je descends les pierriers et dalles jusqu’au refuge du Duc des Abruzzes. Ça y est, il ne me reste que 800 m de dénivelé sur un sentier dans les pâturages, je peux relâcher mon attention. Vers 2250 m, je prends un sentier un peu plus à gauche qui rejoint celui de ce matin de l’autre côté d’un torrent par un pont. En levant la tête, je vois deux énormes chiens quitter un troupeau à environ 200m et foncer droit sur moi en aboyant, très vite, beaucoup trop vite. Sans réfléchir, je pars en courant vers le torrent et le traverse téléphone à la main dans une eau glaciale qui m'arrive à mi-cuisse. Trempé jusqu'à la taille, je rejoins l'autre rive tandis que les chiens s'arrêtent au bord de l'eau en continuant de m'aboyer dessus. Je reprends mon souffle, puis j'éclate de rire. Après tout ce que je viens de traverser sur le Cervin, voilà ce qui a failli me mettre le plus de pression, en fin de journée. Je rejoins Félicien quelques minutes plus tard. Nous finissons la descente ensemble. Nous arrivons à la voiture un peu avant 20 h.


Juste à droite du Cervin, l'immense face nord-est du Weisshorn saute aux yeux. Je l'avais vue pour la première fois en 2017 lorsque j'avais fait le Bishorn, 4151 m, en ski de randonnée lors d'une sortie CAF. J'avais été émerveillé par l'ampleur de cette face et son arête nord. Il faut s'imaginer une face concave de 4 km de large avec une hauteur comprise entre 350 m aux extrémités et 1000 m en son centre, avec des séracs suspendus de plus de 50 m de hauteur dans une pente très raide. La vérité, c'est que même en photo on est très loin du compte, on arrive seulement à apprécier son ampleur réelle en la voyant de ses propres yeux.

2017 1ère rencontre avec le Weisshorn à 18 ans

 

14/07/2023 : Montée à la cabane de Tracuit 3255 m

On avait réservé le refuge presque 2 mois à l'avance sans y croire. 80 % du temps, quand on fait ça, la météo est mauvaise, mais le refuge est très fréquenté, c'est presque impossible d'avoir deux places autrement et, comme on descend dans une autre vallée, on ne voulait pas se trimballer le lourd et volumineux équipement de bivouac. Cette fois, il faut croire qu'on a de la chance, la météo est bonne, direction Zinal.

Il fait une chaleur à crever, notre transpiration goutte au sol et nous brûle les yeux. 1600 m de dénivelé bien directs nous attendent. Plus haut, heureusement, le vent fait son œuvre. Nous mettons 3 h 10, pause sandwich comprise, pour rejoindre le refuge. Sa baie vitrée offre une vue imprenable sur le haut de la face nord de l'Obergabelhorn (4063 m), l'arête nord effilée du Zinalrothorn (4221 m) et la face nord de la Dent Blanche (4357 m). Nous faisons la sieste toute l'après-midi.

Le Zinalrothorn 4221m à gauche - L'Obergabelhorn 4063m à droite

 

15/07/2023 : Weisshorn 4505 m

Le réveil sonne à 2 h. La nuit est courte mais l'excitation prend largement le dessus sur la fatigue. À 2 h 45, nous quittons le refuge. La lumière des frontales éclaire les crevasses béantes du glacier sous la Tête de Milon. Le silence est total. À 5 h 15, nous atteignons le sommet du Bishorn 4151 m, autrefois objectif final du week-end. Cette fois, il marque la fin de la marche d'approche. C'est la première fois que je fais deux fois un 4000 m. Pourtant, la magie est intacte. Face à nous, le Weisshorn occupe tout l'horizon.

Le Weisshorn 4505m dans la nuit on monte par l'arête devant nous et on descendra par celle à gauche

 

On poursuit sur l'arête en neige. Deux ou trois fois, nos pieds passent à travers des crevasses masquées par des ponts de neige. On assiste à un magnifique lever de soleil. J'y suis abonné en ce moment, c'est toujours aussi magnifique. On arrive assez rapidement au point 4202 m qui marque le début de l'arête rocheuse. Rien de très compliqué pour l'instant, il faut passer sur le fil ou à gauche. On arrive au pied du grand gendarme où l'on enlève nos crampons.

Le Bishorn 4151m et le début de l'arête nord

 

Je prends la tête des trois longueurs qui nous attendent. Deux d'entre elles sont bien raides, autour du IV. À plus de 4200 m, chaque mouvement demande davantage d'efforts. Le sac paraît plus lourd, le souffle plus court. Heureusement, les spits et les pitons permettent de progresser efficacement. 

Un peu avant le grand gendarme

 

Pour gagner du temps, on remplace le rappel du grand gendarme par de la désescalade pour rejoindre l'arête neigeuse derrière celui-ci. Le vide est très impressionnant, il n'a rien à envier à celui du Cervin, surtout du côté droit où la face rocheuse fait 1000 m.

L'arête neigeuse qui mène au sommet

 

Nous poursuivons l'arête facile mais raide qui nous mène au sommet, que l'on atteint à 11 h 30. Le vent d'est souffle violemment. Jusqu'à présent, l'arête nous protégeait encore un peu, mais ici plus rien ne l'arrête. Malgré cela, nous profitons du panorama. La vue est exceptionnelle. Du sommet du Weisshorn, le regard porte dans toutes les directions. Nous dominons le cœur du Valais et une immense partie des Alpes.

Depuis le sommet

 

Mais en regardant la vallée plus de 3000 mètres sous nos pieds, une autre pensée s'impose rapidement : la journée est loin d'être terminée, d'autant plus que les 1200 premiers mètres sont techniques. On commence par descendre dans du rocher afin de rejoindre la partie neigeuse de l'arête est. La neige exposée au soleil depuis 5 h 30 est complètement transformée, on s'enfonce. Heureusement, c'est tracé. Souvent, on touche la glace au fond de la trace. À un moment, il faut contourner un rocher par une courte pente de glace noire de 7/8 m. Le piolet rebondit, les pointes avant des crampons mordent à peine. En dessous, nous retrouvons la trace et la neige sans consistance, alors que j'assure Christophe dans ce passage, il glisse brusquement. Avec l'élan accumulé sur la glace, il prend rapidement de la vitesse. Heureusement, la neige plus molle le ralentit. La corde se tend. Le choc est absorbé. Il s'arrête. Personne ne dit grand-chose, mais le message est reçu. La moindre erreur peut avoir de lourdes conséquences. La concentration remonte immédiatement de plusieurs crans. Nous continuons la descente, bien entamés par la fatigue. Vers 4100 m, l'arête redevient rocheuse.

Vers 4100m

 

Nous enlevons les crampons et gagnons des mètres à l'aide de rappels. Cinquante mètres plus bas, rencontre improbable avec quatre bouquetins dont deux jeunes perchés à 4050 m.

Rencontre improbable à cette altitude

 

On met ce qui nous semble une éternité pour rejoindre le point 3914 m, à partir duquel il faut quitter l'arête pour basculer au sud. À nouveau, la descente est lente pour perdre 300 m dans ce dédale de rochers et couloirs terreux. On suit au mieux les cairns et les quelques traces de pas que nous trouvons, on descend surtout à l'intuition. À 3600 m, il faut remettre les crampons pour rejoindre une arête de l'autre côté d'une pente de neige. On la suit en désescaladant des dalles. Pour aller plus vite, nous la quittons pour un étroit couloir en neige qui nous permet de rejoindre le glacier. Enfin, Pour la première fois depuis des heures, nous pouvons avancer rapidement. Nous nous laissons glisser dans de longues pentes de neige peu raides jusqu'au point 3144 m.

Vue sur le Zinalrothorn pendant la descente

 

Les difficultés sont enfin derrière nous, ou presque. Le dernier piège du Weisshorn nous attend sous la forme d'un rappel censé permettre de franchir une barre rocheuse. Sur le terrain, impossible de trouver le relais décrit dans le topo. Pendant près d'une demi-heure, nous cherchons partout, y compris dans une cascade. Finalement, nous tombons sur deux vieux pitons rouillés. Ce sera suffisant. Après quelques coups avec le marteau du piolet et une sangle pour relier l'ensemble, nous nous engageons dans un rappel de 25 mètres. À l'arrivée, nous sommes trempés par la cascade. Même la corde semble avoir doublé de poids mais peu importe. La Weisshornhütte n'est plus qu'à quelques minutes.

Le refuge

 

 Les 1500 m de D- jusqu'à Randa ne nous enchantent pas. On décide de dormir au refuge, il y a encore de la place et il est déjà 18 h 40, d'autant plus qu'à l'heure où nous serions arrivés il n'y aurait plus eu de train ni de bus pour retourner à la voiture à Zinal.

Nous profitons d'un magnifique coucher de soleil en mangeant. Pouvoir baisser son niveau d'attention fait le plus grand bien. C'est apaisant d'être dans ce cadre en sachant qu'aucune grosse journée ne nous attend demain. Comme un dernier clin d'œil de la montagne, nous découvrons que nous dormirons dans la chambre « Weisshorn ». Mieux encore, l'étage est entièrement pour nous. Une manière parfaite de conclure cette longue journée sur l'un des plus beaux sommets des Alpes.


Au fond, l'imposante masse du Grand Combin se détache de l’horizon.

10/06/2023 : Montée à la cabane de Valsorey 3033 m (non gardée)

Début de semaine, après beaucoup d'attente et de frustration, un créneau météo s'est enfin dessiné. La veille, il est moins évident : 4 h d'ensoleillement pour dimanche avec risque d'orage en soirée. On décide quand même de partir, on en a marre de passer à côté des créneaux . D'autant que, sur Camptocamp, les sorties récentes montrent régulièrement du grand beau temps alors que les prévisions étaient médiocres.

Du grand ski…

 

Nous remontons le vallon sous une pluie fine et du brouillard. L'ambiance est humide, grise, peu engageante. Après 700 m de portage, nous pouvons enfin chausser les skis vers 2500 m. Malgré la météo, le plaisir d'être de retour en montagne est bien là.

Du soleil et de la bonne neige

 

On monte dans de la soupe jusqu'au refuge, on est tout seuls dedans, parfait. On allume le poêle à bois pour faire sécher nos affaires. Tout l'après-midi, nous serons pris dans le brouillard.

Temps idéal pour remplir nos gourdes

 

11/06/2023 : Combin de Valsorey 4184 m, Combin de Grafeneire 4313 m, Combin de la Tsessette 4135 m

Le réveil sonne à 00 h 30. Je cours dehors, le ciel est rempli d'étoiles, il fait beau, parfait, on peut y aller ! Départ à 1 h 20 pour éviter au maximum le mauvais temps prévu dans l'après-midi, la descente à ski nous fera gagner plusieurs heures.

On se retrouve assez vite à remonter dans une grosse coulée d'avalanche. Au loin, on voit de temps à autre des flashs lumineux mais sans entendre le tonnerre, il n'y a pas lieu de s'inquiéter. La pente devient plus raide, on met les skis sur le sac et on passe en crampons. Il faut chercher les zones où on ne s'enfonce pas, le regel est assez pourri. Les 300 derniers mètres avant le col du Meitin sont horribles, à chaque pas on s'enfonce entre le genou et la taille. J'ai des bleus aux tibias à force de casser la couche de neige croûtée en surface. On arrive au col en ayant bien chaud...

On descend à ski de l'autre côté sur le plateau. À l'aplomb de la face NW du Combin de Valsorey, on déchausse, je m'enfonce jusqu'à mi-mollet. On se dit qu'on laisse tomber, pas envie d'en chier comme pour le col. On rechausse en direction du couloir du Gardien qui permet de monter skis aux pieds.

Un peu plus loin, on se regarde avec Christophe. Dans ma tête, je me dis : « Bon, demi-tour, on retourne à la face NW. » En voyant la taille des séracs au-dessus du couloir, on s'est compris sans avoir à parler. On préfère s'enfoncer que de monter sous des immeubles de glace déversants pouvant tomber à n'importe quel moment.

La face NW à droite et la barre de sérac (photo prise au retour)

 

Dans le début de la montée, je fais une pause pour mettre des gants plus épais. En remettant mon sac, mes skis tapent dans mon piolet qui s'offre un tout droit vers le pied de la face. J'ai droit à 100 m de D+ en bonus, super ! Heureusement, dès que la pente se raidit, on cesse de trop s'enfoncer. Plus haut, on assiste au lever du soleil sur le Mont-Blanc, juste derrière le col en face de nous.

Le Mont-Blanc

 

Après beaucoup trop de temps loin de la haute montagne, je comprends à nouveau pourquoi je suis là. Le cadre, la solitude, la liberté, le dépassement de soi. Cette sensation d'être minuscule au milieu de cet univers immense et sauvage. Tout ce qui me manque lorsque je reste trop longtemps en ville est de retour.

Combin de Valsorey 4184m

 

On arrive au sommet du Combin de Valsorey. Une cordée montée de l'autre vallée arrive sur le plateau depuis le couloir du Gardien. Puis on continue skis aux pieds en direction du Combin de Grafeneire. Depuis des années, je le regarde défiler derrière la vitre de la voiture lorsque je vais à Chamonix. Aujourd'hui, j'y suis. Enfin.

L'autre cordée (les 2 points au bord du sérac à gauche)

 

Le panorama à deux pas du massif du Mont-Blanc est exceptionnel.

Panorama du sommet avec le Cervin à droite et le Weisshorn à gauche

 

On redescend par le Mur de la Côte en direction du dernier 4000 de la journée, le Combin de la Tsessette. On arrive au sommet en même temps que l'autre cordée. On descend avec eux jusqu'au pied de la face. On descend à ski par le Corridor sur une neige de rêve, dure avec 2 à 3 cm de poudreuse tombée la veille en surface.

Je n'ai pas les mots pour décrire la beauté et la puissance que dégage cet endroit. On descend dans des pentes douces avec de la neige à perte de vue. Sur notre gauche se dressent des murailles de glace déversantes d'une hauteur comprise entre 50 et 100 m sur plusieurs centaines de mètres de large.

Avec les séracs du corridor

 

Dans le bas de la descente, on traverse les vestiges d'une chute de sérac, le sol est jonché de blocs de glace. 

 

Notre itinéraire de descente

 

On remet les peaux pour retourner au col du Meitin. Il fait une chaleur à crever en plein soleil, sans vent. On redescend par la pente dans laquelle on a cramponné ce matin. Plus bas, la neige est lourde. En traversant un cône d'avalanche, je tape un bloc de glace qui fait bouger le bloc arrière de ma fixation, mon pied n'est plus tenu que par l'avant. Je termine la descente avec un ski en mode « télémark ».

La descente dans les coulées sous le col du Meitin

 

En arrivant au refuge, le ciel commence à bien bourgeonner. On profite des 500 derniers mètres de soupe et on enfile nos baskets pour rejoindre la voiture, sous la pluie.

Retour à la voiture sous la pluie

Au sommet de l'Aletschhorn, l'heure tourne. Il serait trop long de repenser à tous les sommets ici. Il est déjà l'heure de redescendre de mon nuage et dans la vallée...

 

Un immense merci à tous mes compagnons de cordée, toujours fidèles au rendez-vous : Christophe, Félicien, Ovidiu, Sylvain, Gilbert, mais aussi Frédérique, Alexandre, Thibault et Didier.

 

1. Weissmies 4023 m 03/09/2016 ; 2. Lagginhorn 4010 m 04/09/2016 ; 3. Bishorn 4153 m 08/05/2017 

Juste avant le sommet du Weissmies 4023m

 

4. Mönch 4099 m 18/06/2017 ; 5. Ober Gabelhorn 4063 m 09/07/2018 ; 6. Dent d'Hérens 4179 m 16/08/2019 

Lucas arrive au sommet de l'Obergabelhorn 4063m

 

7. Monte Cervino / Matterhorn 4478 m 18/07/2020 ; 8. Lyskamm W 4481 m 16/07/2020 ; 9. Lyskamm E 4527 m 16/07/2020 

Traversée du Lyskamm

 

10. Corno Nero 4322 m 16/07/2020 ; 11. Ludwigshöhe 4342 m 16/07/2020 ; 12. Zinalrothorn 4221 m 15/08/2021 

Vue sur le Corno Nero et le Ludwigshöhe

 

13. Lenzspitze 4294 m 12/06/2022 ; 14. Nadelhorn 4327m ; 15. Dent Blanche 4357 m 31/07/2022 ; 16. Combin de Valsorey 4184 m 11/06/2023 

Redescente de la Dent Blanche 4357m

 

17. Combin de Grafeneire 4314 m 11/06/2023 ; 18. Combin de la Tsessette 4141 m 11/06/2023 ; 19. Alphubel 4206 m 25/06/2023 

 

Levé de soleil sur le Mont-Blanc à gauche et la Dent Blanche à droite depuis l'Alphubel

 

20. Weisshorn 4506 m 15/07/2023 ; 21. Castor 4228 m 29/07/2023 ; 22. Pollux 4092 m 29/07/2023 

Levé de soleil sur le Weisshorn

 

23. Breithorn W West 4165 m 30/07/2023 ; 24. Breithorn central 4160 m 30/07/2023 

 

Sommet du Breithorn avec le Cervin

 

25. Breithorn (Pointe 4106) 4106 m 30/07/2023 ; 26. Roccia Nera 4075 m 30/07/2023 ; 27. Jungfrau 4158 m 21/02/2025 

 

Roccia Nera avec le Castor au fond

 

28. Gross Grünhorn 4044 m 22/02/2025 ; 29. Finsteraarhorn 4274 m 23/02/2025 ; 30. Gross Fiescherhorn 4049 m 24/02/2025 

Finsteraarhorn

 

31. Hinter Fiescherhorn 4025 m 24/02/2025 ; 32. Parrotspitze 4436 m 30/05/2025 ; 33. Signalkuppe / Punta Gnifetti 4554 m 30/05/2025 

Parrotspitze 4436 m

 

34. Zumsteinspitze / Punta Zumstein 4563 m 30/05/2025 ; 35. Dufourspitze / Punta Dufour 4635 m 31/05/2025 ; 36. Nordend 4612 m 31/05/2025 

Montée à la Dufourspitze

 

37. Allalinhorn 4027 m 07/07/2025 ; 38. Strahlhorn 4190 m 08/07/2025 ; 39. Rimpfischhorn 4199 m 09/07/2025 

Avec un certain Sylvain Guinot dans la tempête au Strahlhorn

 

40. Stecknadelhorn 4241 m 11/07/2025 ; 41. Hohbärghorn 4219 m 11/07/2025 ; 42. Dirruhorn 4035 m 11/07/2025 ;

 

Le Nadelhorn depuis le Stecknadelhorn

 

43. Lauteraarhorn 4042 m 09/08/2025 ; 44. Täschhorn 4491 m 05/07/2026 ; 45. Piz Bernina 4049 m 12/07/2026

L'arête de montée depuis le sommet du Taschhorn 4491m

 

46. Schreckhorn 4078 m 10/08/202646 ; 47. Dom 4545 m 13/09/2026 ; 48. Aletschhorn 4195 m 27/09/2026

Mer de nuages en Italie vue depuis le Dom, au premier plan le Strahlhorn

 

Biancograt au Piz Bernina avec le refuge Tschierva

 

image description Alexis
Posté le 06-10-2026 00:13
C'est quoi cette dinguerie ??

Un grand bravo pour l'exploit sportif et humain !
Un second grand bravo pour cet article de fou ! Combien de temps pour rédiger tout ça ? Là, c'est too late, mais promis je lirai tout avec grand intérêt !
Merci Lucas !