Escalade Alsace Forum

Le trad en Alsace

Auteur Messages
Jojo
Posté le 14-02-2026 à 16:14

Bonjour à tous,


 

Ce matin m’est venu une question à laquelle je n’ai pas trouvé de réponse sur le forum :


 

Quelles sont les ascensions notables en trad qui ont eu lieu dans la région ?


 

Quelles sont les voies sportives dans les 7/8èmes degrés réalisées sans clipper un seul point à part le relais ?


 

Il me semble que Fausses fractures a déjà été parcourue ainsi que 2 autres fissures du Kronthal en 7a+ ?


 

Merci à vous !


 

Jojo

TL
Inscrit le 07-12-2022
Posté le 14-02-2026 à 16:49

Avant de répondre à cette question fort intéressante, il conviendrait de définir ce qu'on entend par “trad”… En France, la tradition, avant les ouvertures sur coinceur de JP Minazzi au Lac Blanc dans les années 70, c'est le tire-clou, ou plutôt, de longues sections en libre engagé avec tirage au clou dans les sections au dessus de 5… Donc, les grimpeurs de “trad” chez nous, c'est les cafistes…

En Angleterre, puisque c'est de ça dont-il s'agit, le “trad”, c'est le clean climbing, c'est l'escalade sur coinceurs (ou sur galet coincé), mais c'est surtout, avant l'escalade sportive “à la française” et les raids des parisiens dans les années 80, l'escalade “ground up”, avec le moins de reconnaissance possible ou de travail des voies … Sinon, c'est du “headpointing” ou du “hang-dogging” chez les amerloque… c'est à dire de l'escalade sportive sur friend. Le “trad” ça ne veut pas dire grand chose… Les exemples que tu cites, ne se sont pas réellement fait dans cette optique, puisque les voies étaient connues, travaillées, enchainées 1000x. Parler de “trad”, lorsqu'une voie est équipée et déjà enchainée, c'est au mieux une erreur, voire une imposture, comme Arnaud Petit avec “Black Bean”

TL
Inscrit le 07-12-2022
Posté le 14-02-2026 à 17:00

Escalade traditionnelle à la Martinswand en 1965

blocophil
Inscrit le 09-09-2023
Posté le 14-02-2026 à 17:07

Merci @TL pour ces précisions.

J'imagine que Jojo voulait savoir quelles sont les voies les plus dures enchainées sur coinceurs…Dans la carrière de Gueb on est allé jusqu'où ?

TL
Inscrit le 07-12-2022
Posté le 14-02-2026 à 17:13

Quoi qu'il en soit, je citerais, pour commencer, les multiples ascensions de Romaric Marchal sur coinceur à Gueb' : EUFM, encore en 2025, et Arabesque… Bien plus dur que Fausse Fracture. EUFM libérée par HS en ? , sur coinceur… Toutes les lignes du Lac Blanc par Minazzi et Hagenmüller, avant que ce soit équipé… dans les années 70-80

ak
Inscrit le 07-12-2022
Posté le 14-02-2026 à 17:14

Jojo, est-ce la récente venue de Laura Pineau alias “Mademoiselle Fissure” au Kronthal qui t'a motivé ?

Sujet intéressant !

Il y a quelques voies sans aucun équipement en Alsace :

  • - La Chance 7b à l'ancien Landersberg
  • - Les aviateurs 5c au Windstein et les quelques voies autour.
  •  

La Pfalz voisine regorge de dizaines voies à faire sur coinceurs ! Mais ce n'est plus l'Alsace !

Signalons quand même l'Altschlossfelsen, aussi appelé le Rocher Frontière et la fameuse voie “La Tentation du cric”, qui avait été libérée par Antoine Duret entièrement sur coinceurs.

Certaines voies de Gueberschwihr ont sans doute été faites sur coinceurs, mais il faudrait vérifier avec Malaka.

A ma connaissance très peu de grimpeurs alsaciens ont joué au jeu du trad dans des voies équipées normalement… Cette pratique n'a jamais attiré beaucoup de monde. 

J'avais pour ma part réalisé Fausse Fracture à l'époque (années 2000) sur coinceurs en utilisant un micro-coinceur “pince à sucre” pour sécuriser le premier crux. Ce coinceur appartenait au club Roc Extrème et avait été utilisé par JMTT dans une voie légèrement plus exigeante : The Braille Trail E7/6c au Peak District ;)

Les spécialistes Antoine Duret, Thomas Leleu ou Jonas Trolliet pourront certainement t'en dire davantage !

 

 

TL
Inscrit le 07-12-2022
Posté le 14-02-2026 à 18:04

Pus récent, il y a aussi “La Boule” 7b+, au vieux Gueb', vieux projet de Eddy Boucher, par Alex Keiling et TL. Plus impressionnant, quelques mètres à gauche, Zénith, 7c+ , avec retour au sol possible en haut, par Alex.

Par Alex également, “LA Ligne”, 7c à Begholtz sur Friends (mais voie équipée (bizarrement))

 

image
Jojo
Inscrit le 18-12-2023
Posté le 14-02-2026 à 18:22

Lorsque je parle de “trad” (peut-être à tort), je pense à l’enchainement d’une voie en libre sans utilisation de protections déjà en place (hors pitons éventuellement).

En quoi cela représenterait une imposture d’enchainer en “trad” une voie déjà équipée et enchainée ? Cette idée s’applique t’elle également au free solo ? Est-ce que poser une moulinette dans une voie non équipée avant son enchainement est une imposture ?

J’ai adoré voir Arnaud Petit dans Black bean ! Je trouve ça fascinant d’ajouter l’engagement et la logistique que requièrent le trad dans une voie déjà parcourue (lorsque la voie le permet). Les méthodes changent même parfois à cause de la pose de protections… C’est un peu un niveau de maitrise supérieur et un moyen de trouver de nouveaux challenges. J’étais curieux de savoir si l’Alsace s’y prêtait bien !

Ayant fait plus de GV que de voies sportives (dans des niveaux plus accessibles évidemment), je me demande souvent en allant dans une voie si elle est réalisable sans clipper un spit sur le chemin… Mais la venue de Laura Pineau a peut-être ravivé ces pensées refoulées…  Belle perf AK pour FF… J’avais essayé l’an dernier mais j’ai tout de même clippé le 3ème point par manque de confiance !

Merci pour les réponses et les vidéos 🙂

TL
Inscrit le 07-12-2022
Posté le 14-02-2026 à 18:33

Citation du 14-02-2026, Jojo a écrit : 
Lorsque je parle de “trad” (peut-être à tort), je pense à l’enchainement d’une voie en libre sans utilisation de protections déjà en place (hors pitons éventuellement).En quoi cela représenterait une imposture d’enchainer en “trad” une voie déjà équipée et enchainée ? Cette idée s’applique t’elle également au free solo ? Est-ce que poser une moulinette dans une voie non équipée avant son enchainement est une imposture ?

La présence ou l'absence de piton n'est pas un critère pour définir l'escalade en “clean-climbing” à l'anglaise : dans “London-Wall” à Millstone, il y a plusieurs pitons, anciens, que l'on clippe; en complétant avec des coinceurs. Réaliser ainsi “London Wall”, en ground-up, même en clippant les pitons est plus fidèle à l'esprit de l'escalade “trad” anglo-saxonne (employons le mot puisqu'il s'offre à nous), que de grimper une voie sportive sans clipper les broches à la manière d'AP. Ce qu'a fait AP à Ceüse, dans une voie qu'il connaissait par coeur, c'est simplement de l'escalade sportive sur coinceurs. Pas du tout dans l'esprit Anglo-Saxon. La supercherie, c'est qu'il a attribué une cotation “E” et qualifié l'ascension de “trad”, ce qui au regard de ce que j'ai indiqué plus haut est ridicule.

C'est pourquoi, je me suis (presque) toujours défié de faire des voies sportives sur coinceurs. Parce que ça n'a pas de sens. 

A ce compte là j'aurais pu faire toutes les voies du Brotsch de cette manière, mais je considère que c'est de la merde

Et oui, je suis désolé de le dire, mais c'est pareil pour le solo intégral avec travail préalable… 

alex
Inscrit le 07-12-2022
Posté le 14-02-2026 à 18:45

“L'enclume des jours” 6c (3 longueurs, zéro spits) au Lac blanc attend toujours une répétition !

Du côté vosgien à la Pierre de Laître il y a quelques lignes avec zéro équipement (pas de relais), dont “Prince ès mono arqué” 7c et “Le salto dans le ciel” 7c+/8a ainsi que “Interlope” 7c/+..

Sinon j'avais commencé à préparer une ascension de Protection rapprochée à Gueb en "greenpointing", en gros il y aurait eu 3 placements dont un seul correct et privant d'une prise de pied essentielle, ça ressemblait un peu à du solo mais avec une prise en moins haha.. Heureusement un étonnant coup du sort me brisa le dos avant, et sur mon lit d'hôpital, je jurai sur la tête de mon fils d'abandonner le projet, espérant ainsi amadouer les dieux et que le verdict de la radio ne soit pas trop mauvais.. ça a marché !

TL
Inscrit le 07-12-2022
Posté le 14-02-2026 à 18:53

Citation du 14-02-2026, Jojo a écrit : Est-ce que poser une moulinette dans une voie non équipée avant son enchainement est une imposture ?

Moins… Ça se fait, dans les voies les plus difficiles en Angleterre. Et ça s'est fait en Angleterre occasionnellement même dans des itinéraires très anciens, lorsque le danger semblait trop important. Les anglais du début XX e pensaient qu'un engagement excessif n'avait rien remarquable :  c'était de l'ordre de l’hubris, et il fallait savoir respecter une certaine mesure. Ainsi, une des ascensions majeures de l'époque n'a pas été validée par l'Alpine Club, parce que trop engagée.

Dans le Peak, tu pourras travailler une voie en moulinette, et personne ne t'en fera grief. Mais c'est moins bien…. Quand j'ai revu Ben Heason dans le Peak, il m'a expliqué qu'il n'avait pas encore fait les grands classiques durs, parce qu'il attendait d'essayer flash, sans travail en moul'… Ca m'a vraiment perturbé et ça m'a fait immédiatement relativiser tout ce que j'avais fait de très dur en “headpointing” : comme le disait un auteur dont j'ai oublié le nom dans un vieux “Vertical” : “avec le headpointing, tu ne t'élèves pas au niveau de la voie, tu rabaisses la voie à ton niveau.” Plus radical, Ron Fawcett disait également à un grimpeur ayant essayé une longueur, assuré du haut , : “dommage, mais pour nous, tu ne peux plus faire la voie”

 

TL
Inscrit le 07-12-2022
Posté le 14-02-2026 à 19:18

Pour bien comprendre : si on parle de “tradition”, c'est qu'on considère que l'escalade garde un lien avec la montagne : on part du bas, on va haut au sommet, on n'équipe pas du haut, on ne travaille pas les sections. De plus, j'ai toujours pensé que l'escalade anglo-saxonne était une sorte d'alégorie : un solo intégral imaginaire. Tu grimpes comme si tu étais en solo intégral : si tu grimpes en solo, tu ne peux pas travailler les mouvements ou te reposer sur les points. Si tu tombes, tu dois partir du sol, là où tu es tombé. 

En cela, l'ascension d'Antoine le Ménestrel était un sacrilège. En travaillant “Révélation” à Raven-Tor, il refusait de s'inscrire dans la tradition. A mes yeux son ascension en solo est entachée de ce “blasphème”. 

TL
Inscrit le 07-12-2022
Posté le 14-02-2026 à 19:38

Pour revenir au fond de ta question, du plus dur, je dirais :

En Alsace : Zénith 7c+, E7, 6c ?

Au Rocher Frontière (Altschlossfelsen), à 5m de la frontière avec l'Alsace : “En Attendant Berthod” 8a+/b (aussi dur, voire plus dur que “Green Spit” d'après moi) (mais à moitié en bloc)

JT
Inscrit le 07-12-2022
Posté le 14-02-2026 à 20:37

Il faut relativiser tes dires TL. Tout ce que tu dis est juste historiquement parlant. Sauf que tu es plus sévère dans ton discours que les anglais eux-mêmes. Le headpointing c'est l'après travail de l'escalade sportive. C'est ce que, à partir d'un certain niveau, tous les grimpeurs font. C'est quoi le à vue le plus dur réalisé au Royaume uni ? E9 je crois ? On est à E12 maintenant ou bien? Pour autant c'est toujours du trad. Sportivisé certes, mais ça reste du trad. On y risque quand même des plumes. D'ailleurs je dis n'importe quoi, on ne parle pas de à vue là bas mais de flash car tous ceux qui projettent de faire les classiques ground up y vont avec les méthodes et le matos nécessaire en connaissant les placements. Donc on est plus proche du bloc. Le à vue le plus dur n'est probablement même pas à E8… Gaia n'a par exemple jamais été fait à vue… 

L'autre problème dans ce que tu dis TL c'est que tu ne décris l'escalade en trad qu'à travers le prisme de l'escalade en Angleterre. Dans l'Elbe ou en République Tchèque c'est juste de l'escalade. On ne parle pas de trad, pas de headpoint, pas de à vue ou de flash. Pas de donneur de leçon au pied de la falaise pour te dire comment c'est plus classe de faire ton ascension. Dans l'Elbe on risque beaucoup plus que ses jambes sur un high ball et les ascensions durent 1 heure contre 1 minute en Angleterre … Donc parler d'esprit de la montagne alors qu'on est en train de gravir un caillou de 10m de haut… J'ai adoré faire ça, mais faut pas pousser non plus. On est à mi chemin entre le bloc, l'escalade sportive et le trad. Ce n'est donc pour moi pas vraiment une référence de ce que représente le trad. 

Aussi il faut noter qu'il n'y a pas vraiment de fissures au Royaume Uni. Il faut distinguer le trad en fissure du trad “hard grit". Dans une fissure, c'est facile de faire du ground up, on peut placer des protections régulièrement. Donc toute la question du ground up c'est mieux, head point c'est moins classe (ce dont je suis d'accord) n'a de sens qu'en Angleterre, ou bien sur des voies en trad ailleurs dans le monde qui ne présentent que peu de protections. Et ce cas précis est assez rare. Alex l'a fait à Pierre de Laître. Chapeau, de belles lignes en plus. 

London Wall n'a plus ses pitons. Faite Ground up, tombé une fois à 2m du sol. 

Je n'ai jamais utilisé les plaquettes d'Encore une fois merci. ça compte ? 

Sinon grimper des voies équipées sur coinceurs reste un jeu. Un entraînement. Un challenge.

Il y a bien de façon de faire l'escalade et de s'amuser en faisant n'importe quoi (bloc, éliminantes, combis pourries etc…). Pourquoi pas ça. Le vice dans la vallée et l'école buissonnière au Kronthal restent des chalenges de “trad” qui valent bien E6. J'avais refait les deux voies du bas sans repérer les protections. Je ne pense pas que ça ait été fait avant.

TL
Inscrit le 07-12-2022
Posté le 15-02-2026 à 07:54

Il faut relativiser tes dires TL
 

Non

C'est ce que, à partir d'un certain niveau, tous les grimpeurs font (le head pointing).

Tu ne m'as pas lu : c'est ce qui se fait (je le dis), quand c'est très dangereux, mais ce n'est pas ce qui est recherché. Certes Johnny Dawes a travaillé certaines voies, mais soit à contre-coeur après être tombé proche du sol plusieurs fois,(End of the Affair). Soit effectivement il a fait jusqu'à E8 en ground up, (il a fait Ulysses en solo à vue !!), soit après un travail minimal de la voie. Lorsqu'il a fait Indian Face, E9, après travail, ça lui a été reproché (notamment par John Redhead). Ron Fawcett a toujours(?) grimpé ground-up, notamment dans Master's Edge. Ben Heason (10 000 voies) a du faire 99,9 % de ses voies ground-up, à part peut-être Meshuga E9, et m'a t'il dit, à contre-coeur… Alex Honnold a fait London Wall en solo à vue (!) et Master's Edge à vue et peut -être Gaïa flash, il me semble…

ça reste du trad. On y risque quand même des plumes.

Je crois que tu fais une confusion : j'ai expliqué (mais encore une fois tu ne m'as pas lu) que cette expression “trad” apparue dans les années 2000-2010 (jamais personne n'a employé ce mot avant) semble être appliquée, à tord et à travers, dès qu'on pose un coinceur. De plus le fait que l'on risque des plumes n'est pas suffisant pour qualifier du clean-climbing : il y a des voies sur coinceur moins dangereuses que certaines voies sportives.

 L'autre problème dans ce que tu dis TL c'est que tu ne décris l'escalade en trad qu'à travers le prisme de l'escalade en Angleterre.

Oui, enfin, c'était pour faire court… si tu veux je peux te faire un cours sur l'Elbsandstein.

Dans l'Elbe ou en République Tchèque c'est juste de l'escalade.  Pas de donneur de leçon au pied de la falaise pour te dire comment c'est plus classe de faire ton ascension.

Là tu dis n'importe quoi : si il y a bien une région du monde où l'escalade est réglementée, jusqu'à l'espacement des points, l'utilisation de la magn', des protections, l'ouverture du bas, les repos, c'est bien l'Elb 

 

Donc parler d'esprit de la montagne  

Ça a été dit, écrit plusieurs fois : dans ces régions éloignées des alpes, l'idée a toujours été de reproduire la montagne en miniature (en tout cas originellement) : ce qui explique que dans l'Elb notamment, seules les voies sur les tours “inaccessibles”, sont considérées comme des voies d'escalade valides.

 

London Wall n'a plus ses pitons  

J'imagine que celui de “Green Death” n'a pas bougé : appelle moi quand tu auras fait la voie sans ce piton.

 

Je n'ai jamais utilisé les plaquettes d'Encore une fois merci. ça compte ?  

Non. Encore une fois il ne s'agit pas juste de performance, mais d'une philosophie, d'une vision de l'escalade. Ce terme “trad” a apporté de la confusion en mettant toutes les nuances de la pratique dans le même panier… L'histoire de placer des coinceurs à coté des points a laissé dubitatifs bien des observateurs anglo-saxons… 

C'est l'esprit Anglais, JT : la liberté et la hiérarchie : tu es libre de faire une voie en moul', après travail, en clippant un point sur deux, personne ne t'en empêchera… mais certaines modalités seront meilleures que d'autres… Très difficile à accepter pour des Français obsédés par l'égalitarisme.

ak
Inscrit le 07-12-2022
Posté le 15-02-2026 à 11:15

Intéressant !

Quand je suis allé dans le Peak en avril 2000, c'est à dire il y a 25 ans déjà, tout le monde faisait de la moulinette dans les voies dures avant de les enchaîner sur coinceurs.

Effectivement il y avait des berlots qui essayaient des E4 à vue (le gars est tombé au sol de 4m, s'est relevé et a remis un essai !), mais ce n'était déjà plus la norme je pense pour le haut-niveau.

Le "trad" (ou appelez le comme vous voulez), ça ne me fait pas rêver. C'est travailler une voie en moulinette ou sur corde stat depuis le sommet, optimiser le placement des protections, puis essayer en tête. C'est juste plus compliqué en terme de logistique et d'organisation et évidemment d'engagement. D'ailleurs j'ai discuté de ce sujet l'été dernier avec la légende John Dunne à Orpierre. Il a fait du vrai trad au sens de ce décrit TL lorsqu'il était jeune, car l'escalade se pratiquait ainsi en Grande Bretagne. C'était réellement dangereux et difficile. Mais il est rapidement passé à l'escalade sportive pour pousser la vraie difficulté. La plupart des voies en E très élevées se révèlent souvent être des voies “faciles” s'ils elles étaient parfaitement équipées. Si ca se trouve Bon Voyage E12/9a serait un 8b s'il y avait un scellement tous les mètres… 

Bref.

Malgré tout, cela reste un challenge de faire une voie uniquement sur coinceurs. Le grès alsacien se prête d'ailleurs assez bien à ce type de jeu grâce aux nombreuses fissures, boite à lettres, tiroirs etc. 

Quand j'aurai fait toutes les combis du Kronthal, il me restera encore à faire toutes les voies en trad !

J.B.
Inscrit le 22-09-2024
Posté le 15-02-2026 à 13:44

Joli projet AK! En tout cas ça ferait vraiment plaisir de te voir ailleurs que dans d'obscures combis! (ou même ailleurs qu'au Kronthal) Le problème c'est que t'as déjà tout fait mais tu continues d'en inventer…

En revanche on t'as toujours pas vu dans la transkronthalienne ;-)

TL
Inscrit le 07-12-2022
Posté le 15-02-2026 à 15:13

Citation du 15-02-2026, ak a écrit : 
Intéressant !Quand je suis allé dans le Peak en avril 2000, c'est à dire il y a 25 ans déjà, tout le monde faisait de la moulinette dans les voies dures avant de les enchaîner sur coinceurs.

Je savais que tu allais dire ça AK. Ce que tu as vu à Stanage, c'est l'effet bien connu du film “Hard Grit” de 1998. Je ne sais plus si je l'ai lu, ou si, encore une fois, c'est Ben qui m'en a parlé, mais “Hard Grit”, a fait penser à beaucoup de grimpeurs (et moi le premier), que le Head-pointing était la norme. Ça correspond à l'époque où tu es allé y raser dans les blocs avec Panigot et où effectivement tout le monde s'est mis à mouliner. J'ai le sentiment que cette époque est passée… En tout cas, de ce que j'ai pu voir plus tard…

Je suis chaud pour la Trankronthalienne, AK !

TL
Inscrit le 07-12-2022
Posté le 15-02-2026 à 15:22

Citation du 15-02-2026, ak a écrit : 
 Si ca se trouve Bon Voyage E12/9a serait un 8b s'il y avait un scellement tous les mètres…

C'est pas si simple…. Je vais pas ré-expliquer ce que j'ai déjà expliqué ici, mais un gros “E”, ça veut pas dire nécessairement très engagé. Il fut même un temps où on utilisait ce système de cotation pour l'escalade sportive : j'ai eu dans les mains un topo où “Hubble”, 8c+/9a qui se grimpe en moul', était coté E12,7b ou un truc dans le genre…

ds
Inscrit le 11-10-2023
Posté le 15-02-2026 à 16:45

Suivant tous les personnes qui ont grimpé Bon Voyage, la difficulte en libre serait 9a… et suivant e-grader, s'il y avait un point tous les metres, elle deviendra E10 mais bien evidemment restera 9a…

Jojo
Inscrit le 18-12-2023
Posté le 15-02-2026 à 17:49

Quoi qu'il en soit, l'argument du “sens” de la chose n'est pas vraiment valable puisqu'on peut alors se questionner sur le sens de l'escalade sportive en général.

Si l'escalade sportive (ou bloc) consiste historiquement en un entrainement à la GV, alors s'essayer à la pause de coinceurs dans des voies déjà enchainées/équipées semble plutôt pertinent. C'est une représentation assez fidèle de l'effort qu'il faut parfois fournir en montagne, à mi chemin entre capacité physique et engagement.


Pour autant l'opinion n'en reste pas moins intéressante et c'est cool de partager ces voies déjà faites sur coinceurs dans la région !

TL
Inscrit le 07-12-2022
Posté le 15-02-2026 à 17:54

Citation du 15-02-2026, Jojo a écrit : 
Si l'escalade sportive (ou bloc) consiste historiquement en un entrainement à la GV, alors s'essayer à la pause de coinceurs dans des voies déjà enchainées/équipées semble plutôt pertinent.

Bien sûr, et on l'a tous fait plus ou moins dans cette optique, mais ça n'a pas de valeur en soi… Si ce n'est de vouloir faire parler de soi, comme AP à Ceüse.

 

TL
Inscrit le 07-12-2022
Posté le 15-02-2026 à 18:01

Citation du 15-02-2026, Jojo a écrit : 
Quoi qu'il en soit, l'argument du “sens” de la chose n'est pas vraiment valable puisqu'on peut alors se questionner sur le sens de l'escalade sportive en général.

Le sens de l'escalade sportive, pour le gang des parisiens, c'était clairement celui d'une prise de pouvoir… Enfin, Malaka pourrait surement nous éclairer à ce sujet et me contredire éventuellement.

JT
Inscrit le 07-12-2022
Posté le 15-02-2026 à 22:34

Je t'ai bien lu TL, mais je ne vois pas bien pourquoi c'est dérangeant que le terme trad ai migré vers une autre pratique. Je ne vois pas non plus le problème à grimper une voie sur coinceurs alors qu'elle est équipée. C'est pas plus débile que les combis du Brotsch, ou que tes chalenges no foot/en basket/sur un pied des voies du brotsch. Finalement ce terme reprend ce qui subsiste de l'escalade telle qu'elle se faisait avant. Milites tu pour différencier les différents types d'escalade sur coinceurs pour une question de justice pour celui qui fait l'effort du ground up ? Oui c'est classe, oui c'est la plus pure forme d'ascension c'est clair. Après au dessus de E6 pour certains, plus pour d'autres, c'est aussi du suicide et finalement tout simplement du solo …

tu sais bien que je n'ai pas besoin que tu me fasses un cours sur l'Elbe. Je sais très bien que c'est un endroit très règlementé et je sais exactement comment cela est fait et par qui. Il y a même un comité d'éthique qui se prononce sur les nouvelles ouvertures, les voies trop proches, l'usage exceptionnel de colle pour rétablir une voie historique etc… Mais ce n'est pas de ça que je parlais.  Ce que je voulais dire c'est qu'au pied des voies, y'a pas 36 façons d'atteindre le sommet, tout le monde est logé à la même enseigne. AF ou sans repos sur les rings, il n'y a pas de juge, car si on parle de règlementation, c'est celle de l'équipement et du matériel autorisé, bien davantage que du style d'ascension qui se limite à AF ou pas AF, et en tête ou en second. Car là encore, 99% des voies ne peuvent se faire qu'à deux, comme à la montagne. L'important étant avant tout d'arriver au sommet. Pas de se targuer d'avoir fait ground up ou pas sur un bout de caillou de 10 m de haut d'où l'on fait le tour pour poser une moul pour donner les méthodes au collègues pour un flash..

D'où ma remarque sur le fait que je trouve ça un peu ridicule de parler d'esprit de la montagne quand on grimpe sur un high ball dans le Peak District. Un délire de nos aieux quoi. Mais il faut dire aussi que les Anglais sont vraiment très très fiers de leur Gritstone. Au point de ne pas appeler un grès un grès mais un Gritsone. Produit par Dieu lui même selon certains. Et les voies ont minimum deux étoiles dans les topos. Très marseillais dans le coin. 

Effectivement, dans l'ELbe c'est tout autre chose et la démarche prend déjà plus de sens, parce que tout s'y prête (accès du haut des voies la plupart du temps impossible, ampleur, protections minimalistes). 

Donc quand Tu nous expliques les origines du “trad” à travers l'histoire des Brits, c'est très bien, mais ce n'est clairement pas assez.

Concernant la grimpe de voies équipées sur coinceurs: que des Anglais soient dubitatifs à voir des grimpeurs répéter des voies sans clipper des points, je comprends tout à fait. Mais qu'un français s'amuse à grimper une fissure sans clipper les points parce qu'ils ne servent à rien c'est soit pour faire passer un message, soit pour s'entraîner dans une région où cela manque. Quoi de plus normal aussi pour s'affuter pour le prochain trip.

 

 

JT
Inscrit le 07-12-2022
Posté le 15-02-2026 à 22:42

Pour AK : 

La cotation en E ne suffit pas. Elle donne une indication sur l'engagement, qui est lui même dépendant de la difficulté générale de la voie. Plus c'est dur, plus c'est dangereux quand on engage forcément. Mais il faut aussi la cotation technique qui va derrière et qui donne la difficulté du pas le plus dur de la voie. Par exemple, E56a. Le 6a correspond au crux, qui représente plus ou moins un 6b bloc. Mais c'est très peu précis, surtout dans les voies extrêmes, où la fourchette entre 7A et 7c comprend plus ou moins des crux entre 7B et 8c bloc… 

Pour mieux comprendre : Un gros E avec une petite cotation technique correspond à une voie très engagée car la difficulté du pas le plus dur est moindre. Donc pour que le E augmente, il faut que ça engage. Mais avec une grosse difficulté technique le E fait aussi un bond mais la voie n'est pas nécessairement dangereuse comme le dit TL. Ce qui signifie souvent qu'il n'y a pas de retour au sol quand bien même les chutes sont balèzes. 

TL
Inscrit le 07-12-2022
Posté le 16-02-2026 à 09:34

Citation du 15-02-2026, TL a écrit : 
Citation du 15-02-2026, Jojo a écrit : Quoi qu'il en soit, l'argument du “sens” de la chose n'est pas vraiment valable puisqu'on peut alors se questionner sur le sens de l'escalade sportive en général.
Le sens de l'escalade sportive, pour le gang des parisiens, c'était clairement celui d'une prise de pouvoir…

Prise de pouvoir en faisant opportunément table rase du passé pour réduire l’escalade à sa seule valeur sportive, mesurable, où la cotation est centrale au point où aujourd'hui elle est, dans bien des domaines de la pratique, tout ce qui reste, à  l’exclusion de toutes les autres dimensions de l’escalade véritable. 

TL
Inscrit le 07-12-2022
Posté le 16-02-2026 à 09:37

Citation du 15-02-2026, JT a écrit :  pas plus débile que les combis du Brotsch, ou que tes chalenges no foot/en basket/sur un pied des voies du brotsch.  

Tout à fait d’accord :  ça n’a aucune valeur, aucun sens, autre que de faire parler de soi…

aalllleezz
Inscrit le 28-08-2023
Posté le 16-02-2026 à 10:45

En parlant de pratique qui peut s'inscrire dans un cadre actuel, ne pourrait-on pas voir se développer l'escalade sur coinceurs dans un contexte où l'équipement semble sujet a tant de négociations dans notre région ?

Je suis prêt a parier qu'on peut encore trouver pas mal de murs ayant été jugés trop courts pour mériter un équipement, et trop hauts/mauvaise réception pour être essayés sereinement en bloc.

TL
Inscrit le 07-12-2022
Posté le 16-02-2026 à 12:33

Oui. Il y a sûrement quelques lignes, mais outre la douzaine de voies du Altschlossfelsen, qui reste un tas de sable, il y a pas des masses de trucs intéressants. Je connais 2 lignes “hors cadre”, dont l’une vers les 7b, fait partie des plus belles fissures d’Alsace. Après, le Grit nous a montré que presque tout peut être grimpé sur coinceurs….

Yann
Inscrit le 07-12-2022
Posté le 17-02-2026 à 16:53
JT
Inscrit le 07-12-2022
Posté le 18-02-2026 à 17:35

Sur le Grit il y a même de petites falaises ou tout se grimpe en solo car 0 placements. Je me rappelle de cette journée bizarre à Froggat. Tout le monde faisait du solo dans des dalles avec peu de prises et des condis de merde. Avec du recul c'était ridicule, mais on fini par se prendre au jeu quand c'est la norme…

Rien à voir mais puisque vous parlez des secteurs pas équipés. Quelqu'un sait pourquoi le secteur de la cascade du Niedeck n'a jamais vu de perfo? Y'a des lignes de plus de 30 m et vraiment beaucoup de rocher et de secteurs différents. Certes ça demande du brossage intensif mais j'ai repéré des choses vraiment intéressantes. C'est quoi l'histoire du site ?

TL
Inscrit le 07-12-2022
Posté le 18-02-2026 à 17:44

Le Nideck apparaissait dans le topo de Claude Bastian de 1990. Il y est indiqué : 30m, rhyolite, pas d'équipement, moulinettes sur sangles, port du casque recommandé. C'est vrai qu'il y a de belles lignes. J'en sais pas plus… Marche d'approche rédhibitoire peut-être…

TL
Inscrit le 07-12-2022
Posté le 18-02-2026 à 17:52

Je viens de me rappeler… vers les années 2007-2008, nous avions, avec AD, escaladé la fissure du plafond de la “grotte des sorcières” du Mont Saint Michel de St Jean-lès-Saverne. Pas extrême et douloureux. Une belle ligne malgré tout.

JMC
Inscrit le 07-12-2022
Posté le 18-02-2026 à 18:21

Citation du 14-02-2026, TL a écrit : 
En France, la tradition, avant les ouvertures sur coinceur de JP Minazzi au Lac Blanc dans les années 70, c'est le tire-clou, ou plutôt, de longues sections en libre engagé avec tirage au clou dans les sections au dessus de 5… Donc, les grimpeurs de “trad” chez nous, c'est les cafistes…

TL, ce que tu racontes dans ce topic est réellement passionnant ; je suis sincère.
Mais dommage que tu te sentes obligé de faire de l'humour à 2 balles sur les cafistes… d'autant que ce n'est pas à propos.
Alors qu'il est facile de se moquer du CAF pour de bonnes raisons, et je vais juste t'en donner une.
Dans le tout nouveau cursus de formation, que ce soit pour les pratiquants ou les encadrants, on trouve, en escalade, 3 domaines :
SNE (voies équipées d'une longueur)
GVE (grandes voies équipées)
GV (grandes voies équipées, peu équipées ou pas équipées)
Et donc il manque tout simplement… les voies d'une longueur peu ou pas équipées ! justement celles dont on parle dans ce topic... Et ça c'est vraiment très nul ! Carton rouge pour la FFCAM.

 

TL
Inscrit le 07-12-2022
Posté le 18-02-2026 à 18:34

Ah, désolé JMC, je ne me moque pas… A moins que le terme “cafiste” soit péjoratif (?). As tu vu cette vidéo passionnante d'où je tire la photo d'un “cafiste” dans le toit de l'Envers du Plumard ? Je suis plutôt admiratif.

JMC
Inscrit le 07-12-2022
Posté le 18-02-2026 à 18:50

Citation du 14-02-2026, ak a écrit : 
Il y a quelques voies sans aucun équipement en Alsace :- La Chance 7b à l'ancien Landersberg- Les aviateurs 5c au Windstein et les quelques voies autour. La Pfalz voisine regorge de 
dizaines voies à faire sur coinceurs ! Mais ce n'est plus l'Alsace !

Il y a aussi le Battert à Baden-Baden (certes pas en Alsace, mais pas plus loin de Strasbourg que les Vosges du Nord) : près de 400 voies, dont la plupart sont peu ou pas équipées…

Pour rester chez nous, plus précisément en Alsace-Moselle, et même si je sors un peu du sujet initial (voies dans le 7/8), les voies mentionnés “sur coinceurs” dans le topo sont sans aucun équipement (sauf relais) et faisables en tête. On peut y trouver :
3 au Windstein (double fissure 4c, les aviateurs 5c, l'amie du pont 6a+)
1 au Wolffelsen (la peau de serpent 5c+)
1 au Landersberg (la chance 7b)
1 au Kobus (rez-de-jardin L1 6a+ ; mention © à corriger dans le topo)
9 au Rocher du Lion (du 3b au 5a+, elles seront mentionnées dans une prochaine édition)
1 au Muhlberg (pas à pas 5b)
1 au Baldur (le sik 7a+)
7 au Neuntelstein (du 3c au 6a)
Et sans doute que d'autre voies labellisées NE sont faisables sur coinceurs…
 

 

JMC
Inscrit le 07-12-2022
Posté le 18-02-2026 à 18:53

Citation du 18-02-2026, TL a écrit : 
Ah, désolé JMC, je ne me moque pas… A moins que le terme “cafiste” soit péjoratif (?). As tu vu cette vidéo passionnante d'où je tire la photo d'un “cafiste” dans le toit de l'Envers du Plumard ? Je suis plutôt admiratif.

Non, “cafiste” me va bien ! Ce qui me gène c'est de laisser croire que la pratique consistant à se contenter de faire du libre entre les points était une spécificité du CAF, alors que c'était juste une pratique bien française - et révolue bien sûr.
Sinon, quelle vidéo ? As-tu un lien ?

 

TL
Inscrit le 07-12-2022
Posté le 18-02-2026 à 19:37

Il faut s'inscrire sur le site de la Cinémathèque régionale numérique (MIRA) Mémoire des Images Réanimées d'Alsace. Tu pourras y voir un film de Gérard Guth (de Nordheim ?), de 1965, à la Martinswand, dans la Clito, l'Envers du Plumard ou la Mulhousienne. Où l'on constate qu'effectivement l'engagement est réel…

JMC
Inscrit le 07-12-2022
Posté le 18-02-2026 à 19:46

Merci TL, je vais regarder ça !

gxf
Inscrit le 07-12-2022
Posté le 19-02-2026 à 14:07

Effectivement, post intéressant.

Concernant la vidéo sur MIRA (aussi intéressant d'un point de vue historique).

https://www.miralsace.eu/parcours-thematiques-les-sports-de-montagne-dans-les-vosges-761-343-0-0.html

Il s'agit d'un documentaire de 1965 (durée 19 min) où l'on voit des grimpeurs encordés directement avec la corde à la taille, grosses chaussures et porte mousquetons. La progression se fait en libre entre quelques rares pitons; L'usage des étriers est illustré dans plusieurs passages dont notamment la voie “l'Envers du Plumard".

Assurage du 1er de cordée ou 2nd à l'épaule. Méthode encore en usage en alpinisme mais en terrain facile ou en neige. Bravo l'engagement et l'exposition.

TL
Inscrit le 07-12-2022
Posté le 26-02-2026 à 13:44

Nous avons oublié les voies de l'auguste Geissfels ! où il est souvent prudent de compléter l'équipement. Nuage Rouge en particulier. Je me souviens vaguement avoir posé 2 friends équivalents au Camalot n°2 vers1998. Il y a aussi le Grand Horion, court 6c+ non équipé, où j'ai coincé un crochet goutte d'eau dans une vague fissure.

KekeMountain
Inscrit le 05-03-2026
Posté le 05-03-2026 à 18:07

Salut,

Je débarque un peu dans le fil mais je crois qu’on mélange deux débats. D’un côté, l’éthique “trad” au sens historique (ground-up, peu/pas de travail, etc.), et de l’autre le défi très simple que Jojo décrit : enchaîner en tête en posant ses pro, sans clipper l’équipement en place (hors relais et éventuellement pitons anciens). Sur le fond, même si la voie est connue et équipée, ça reste un style qu’on se fixe, ça change la grimpe et ça peut être un super entraînement, tant qu’on ne vend pas ça comme une cotation E “officielle” ou une ascension “à l’anglaise”.

Côté Alsace, tout ce qui ressort dans vos messages donne quand même des pistes assez nettes. Le Kronthal semble naturellement se prêter au jeu avec ses fissures/tiroirs, et Gueb’ a l’air d’avoir déjà une belle petite histoire sur coinceurs (EUFM/Arabesque, puis les trucs type La Boule/Zénith évoqués). Le rappel sur les vieilles lignes du Lac Blanc est intéressant aussi, parce que ça ressemble plus à un “patrimoine” clean qu’à un simple challenge sur voies sport. Et côté vosgien, ce que cite Alex à la Pierre de Laître, on sent que c’est une autre ambiance, plus “ça rigole moins”.

Si certains ont une petite liste de lignes vraiment faisables proprement sans clipper (ou carrément sans équipement) par secteur, je suis preneur : ça aiderait à y voir clair entre les voies “jeu” et les voies “vraiment pensées” pour ça.