2 semaines magiques à Flatanger

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La grotte mythique © Olivier Naouar

Deux semaines de grimpe à Flatanger avec Olivier, Tanguy, Clélia et Léo (14/07 au 28/07)

 

Ce trip m’a été proposé par Clélia, amie que j’ai rencontrée à Paris lors de mon exil pour les études, et qui m’a permis de faire mon premier trip d’escalade hors de la France et dans l’un des spots les plus connus au monde : Flatanger.
Arrivé là-bas, le soir, l'ambiance est magique, on découvre la Farmhouse, où les grimpeurs viennent des quatre coins du monde pour y grimper des projets rocambolesques. Ce n’est pas peu dire puisque Léo Boë (qui venait de réaliser Verdens Ende, un 9a+ de 130 m en trad), et Seb Bouin (en travail dans Movementum, un projet d’extension de Move, 9b/+) étaient de la partie. On découvre les alentours, notamment l’accès à tous du spraywall qu’avait construit Adam Ondra lorsqu’il travaillait Silence.

Le lendemain, on est à peine levés qu’on nous parle de toutes les classiques à grimper à Flatanger, ce qui correspond globalement à tout le mur, on croirait entendre AK au Krapp. Alors on s’échauffe dans le spraywall, puis direction la falaise sans trop tarder. La marche d’approche est plutôt agréable, 20-30min de marche où l’on voit continuellement la grotte que l’on connaît tous. Arrivés devant le rocher, c’est la vue qui nous captive, un soleil magnifique éclaire parfaitement le fjord et la falaise, le vent frais et la température autour des 15 °C sont parfaits pour les conditions.
Léo et Tanguy ne perdent pas de temps et enchaînent tous deux à vue Tungt møblert (7a+). J’enchaîne également à vue dans la même lancée, et après quelques essais, il s’agira du premier 7a+ pour Clélia. Il faut dire que Tanguy et moi avions la gnaque de la falaise après avoir passé plusieurs mois sur du plastique en terminant notre année d’étude. De plus, pour moi la roche était d’une qualité extraordinaire, pas de patine et n’arrache pas les doigts, de quoi enchaîner les journées sans penser à sa peau.

Tanguy, dans une lancée gourmande, se lance dans Doorkeeper (8b), tandis que Léo le suit dans sa lancée, lui apprenant à mettre des genoux avec des genouillères. Pour ma part, je continuais dans Kakestykket (7a), une longue traversée sur bacs et plats située relativement proche de la grotte qui nous fait de l'œil depuis le début du trip. Il faut dire que la grotte est impressionnante en vidéo, mais en face de nous elle est imposante, ombragée et déversant à souhait. Les grimpeurs qui s’y aventures sont d’un autre monde, le ticket d’entrée dans la grotte est Open Shoulder (8a+) une voie aussi courte et bloc qui pourrait avoir sa place au Brotsch, tandis que le reste des voies sont constituées de gros 8 de 30-40-60 mètres d’ascension déversante et vertigineuses.

Après avoir découvert avec euphorie les alentours de la falaise, il était temps de projeter. Bondeanger (7c, appeler « Bon danger » par les Français), apparaissait alors comme la King Line de ce niveau. Une longue voie de 35 m en léger dévers avec une traversée sur la gauche au 4ème point. Celui-ci ayant cassé, Tanguy et moi avons dû passer par Kykkeli (7b) ayant un départ commun, mais continuant tout droit sur une jolie fissure, avant de traverser de manière non officielle sur Bondeanger, rendant la voie légèrement plus dure mais empêchant un retour au sol sur la traversée. Sam M.S, un photographe professionnel a accepté gentiment de me prendre en photo.

Olivier dans Bondeanger 7c © Sam M.S

 

Une pause s’impose, le repos est nécessaire et l’activité principale lors des jours de repos à Flatanger est la pêche. Ça tombe bien, Léo Boë nous envoie vers un spot de pêche facile sous un pont et des grimpeurs de la Farmhouse nous prêtent gentiment leur canne à pêche. De quoi faire passer la journée rapidement, c’est aussi l’occasion de discuter autre chose que escalade avec les grimpeurs environnants, et c’est surtout un repas frais gratuit et bien mérité qui nous attendait le soir.

Les jours qui suivent, les croix tombent autant que la pluie. Syvsover (7b) est enchaîné à vue par Tanguy et Léo, 2nd go pour ma part, et il s’agit du premier 7b de Clélia. The Frigg (7b+) est enchaîné en flash par Tanguy et moi-même (à vue pour Léo). Tanguy ne s’arrête pas dans sa lancée de flash et à vue en enchaînant Mega Gulrot Tyven, la 7a classique du coin, 40 m de grimpe verticale avec un repos total sur une terrasse plus large que celle du Tango, permettant d’apprécier Flatanger avec plus de hauteur, et Hans (7b), un pilier dont la légende voudrait que cette voie soit le troll qui habitait Flatanger.

Arrivés vers la fin du trip, il ne nous reste que quelques jours, ça tombe bien, Seb Bouin fait sa dernière journée rapidement et cherche des grimpeurs pour venir avec lui tôt le matin. C’est ainsi que, assuré par Seb Bouin lui-même, Tanguy enchaîne Berntsenbanden Extension (8a), qui est, selon le topo, la « meilleure voie au monde dans ce style », chose confirmée par Tanguy. Malheureusement, Seb Bouin n’aura pas réussi à enchaîner Movementum, en étant assuré par Tanguy. Mais son essai, comme tous les autres précédents celui-ci, était une bonne leçon de grimpe. La pose des pieds, la gestuelle, les placements du corps, la gestion des repos, il dansait dans du dévers.
Intrigué par les voies de la grotte mythique, je décide de me lancer dans la L2 de Nordic Plumber (8b, voie complète 8c). J’ai reçu deux conseils dans cette voie, le premier de la part d’une Américaine qui travaillait la voie, qui m’a dit : « It’s basically all jugs », et un de Seb Bouin lors de l’ascension dans Nordic Plumber : « Mets un genou et après c’est pas compliqué, c’est que des bonnes prises », dit le grimpeur professionnel. Pour ma part, j’ai tiré à la dégaine, c’était plus simple.

C’était une belle aventure, j’y retournerai très vite quand j’aurai le niveau de grimper dans la grotte. En attendant j’invite les grimpeurs alsaciens à grimper là-bas et à me raconter leur aventure, ou je vous rejoindrai directement là-bas.

Olivier N.